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Ce travail a été exposé lors de l'exposition de collective, Reading on the ceiling,
organisée par La Houle Editions à la Galerie 21, Hambourg,
1-3 Septembre 2017.

N'aillant pas pu me rendre sur place pour l'accrochage j'ai adressé le travail à la galerie avec différentes instructions.
Préoccupé par les notions de copie, d'original, de reproduction et de représentation, cette contrainte consistant à faire reproduire l’installation de ce travail à distance par d'autres personnes m'intéressait puisqu'en ce sens l'installation changeait de statut, elle devenait aussi performance.

De plus, le travail avait été prévue pour une table dont les dimensions se sont trouvées modifiées. Comme on changerait de format, il fallait tenter via des instructions de conserver la disposition des éléments entre eux, une certaines proportion. Mais plus encore, le pari consistait à espérer qu'à distance, un niveau difficilement descriptible de relations entre les éléments puisse se maintenir. En effet, ces relations ne peuvent être préservées par le simple relevé des coordonnées des éléments car ils entretiennent entre eux des rapports plus volatiles. Ce sont précisément ces rapports là, qui échappent à la stricte mesure, que je m'emploie à trouver au fil de nombreuses observations et de maints réglages et que je souhaite proposer au spectateur afin qu'il en fasse aussi l'expérience.

De plus, ces rapports de distances entre les éléments et ces questions liées à leur dispositions sont intimement reliés au le lieu où ils se trouvent, lequel se conjuguent à l'installation. Alors, celle-ci doit s'adapter aux données du lieu, à ce qui le constitue matériellement comme à ce qu'il contient.
Ainsi, cette installation conçue au sol à Marseille, (devant une grande fenêtre orientée au nord, sur un papier simulant le plan d'une table d'une galerie située à près de 1500 km dont les dimensions avaient changées), ne pouvait être qu'une version possible de ce travail qui allait devoir porter en lui les modifications infimes mais nécessaires pour s'activer ailleurs, identique et différent à la fois.

Puisqu'il était donc impossible que cela fonctionne de façon automatique en reportant terme à terme la disposition des éléments et puisqu'il fallait tout de même fournir des instructions de montage, c'est alors que j'ai parié sur une forme de consignes précises et évasives à la fois, espérant que les mains qui allaient déposer les éléments de l'installation soient guidées tout en restant libres d'effectuer ces micros ajustements intuitifs nécessaires, (c'est parfois une question de quelques millimètres), afin que la pièce s'active.

Enfin, j'ignore si le pari a été relevé, ne m'étant pas rendu sur place. J'ai reçu quelques images de l'exposition et des retours commentés. Cependant, sur place aurais-je été satisfait?
Cette question pose donc celle de la paternité du travail, dans ces conditions en étais-je toujours l'auteur? Comment allait "vivre" ce travail indépendamment de mon contrôle, soumis à des choix, certes infimes, qui n'allaient pas être totalement les miens? Je n'aurais pas la réponse, mais la question en elle-même m'intéressait car elle souligne plus généralement la distance qui sépare les intentions que l'on met dans le travail et sa réception faite d'appropriations. Ainsi, l'irremplaçable expérience d'une proposition, in situ, à laquelle aucun commentaire et aucune documentation ne peuvent se substituer, fait de cette exposition de ce travail à Hambourg, une version que je ne peux qu'imaginer.

Ainsi, même si c'est une banalité de le dire, ça l'est peut-être moins de se souvenir qu'une œuvre pour son auteur est à l'instar d'un organisme que l'on fait croitre, une entité qui conserve sa part obscure d'indépendance qui échappe à toutes les intentions dont on a voulu la nourrir.

Malgré tout, ces contraintes se sont intégrées au travail, à son expérience et à l'expérience qu'il se veut être lui-même. Ainsi, ces instructions sont devenues une des dimensions de cette proposition, non un à côté, mais un état plus ou moins claire de l'envisager, telle une des facettes d'un cristal qui en révèle une appréhension particulière, une lecture possible.